Poeme
Posté le 02.11.2007 par shawnmichaels974
Je n'écris pas dans la tendance
Il faut savoir que je le sais
Ce n'est pas une discordance
Que ce timide coup d'archet.
Je préfère aux œuvres opaques
Qui en deux vers sont expédiées
Et applaudies par une claque
Dans un barnum à bon marché.
Je préfère à l'obscurité
Dont on dit qu'elle dissimule
Les oeuvres inconnues d'Hercule
Sans jamais nous les exposer.
Je préfère de loin et de près
La limpidité d'une stance
La transparence d'un sonnet
Ou d'un virelai la cadence.
Je préfère à ces fulgurances
Qui voilent au lieu d'éclairer
De Victor Hugo la prestance
D'Edmond Rostand les vers légers.
Devant un crépuscule ils voient
La mort et son inconsistance
Mais au-delà la renaissance
Indispensable pour durer.
Ce n'est pas la beauté qu'ils chantent
Mais ce qu'elle peut apporter
Fragile et douce confidente
Qui de l'hiver fait un été.
Ils disent haut avec clarté
L'amour le malheur la misère
La sueur le sel de la Terre
On sent leur désir de donner.
Le monde entier est leur domaine
Ils tendent les mains à chacun
Pas de brioches mais du pain
Pour tous, non pas pour quelques-uns.
Leur poésie fraîche fontaine
L'amour vient y baigner son cœur
Car ses eaux naissent dans l'éden
Où sont les sources du bonheur.
Rimbaud Baudelaire Verlaine
Ronsard Du Bellay Malherbe
Sont un pré somptueux dont l'herbe
Nourrit la tragédie humaine.
De Villon à Apollinaire
Ils forment la légion sacrée
Celle qui crie –Persévère
Devant l'outil qu'on a jeté.
Ce sont nos phares, leur clarté
Nous montre avec intensité
Sur l'océan la route à suivre
Pour retrouver le bateau ivre.
Alors qu'importe les mouvances
Je les laisse à ces phalanstères
Je garde mon indépendance
Et je bois mon eau dans mon verre.
Je préfère aux œuvres opaques
Qui en deux vers sont expédiées
L'airain de la cloche de Pâques
Tonique de rusticité.
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Posté le 02.11.2007 par shawnmichaels974
Les chaussettes rouges au fond
Vous les mettrez quoi que je dise
C’est pour vous une gourmandise
Un clin d’œil de provocation.
Je n’userai pas ma salive
En vaines considérations,
Je sais qu’avec vous tout arrive…
C’est votre côté polisson.
Je vous crois en tout excessive
Pas question de heurter de front
Votre caractère breton
Votre humeur …parfois…incisive.
D’ailleurs je n’ai rien à en dire,
Elles sont très démonstratives
Pour ne pas dire suggestives
Je leur vois un bel avenir.
Après tout de quoi me plaindrais-je ?
Car à votre jambe elles vont
Comme l’automne aux champignons
Comme la neige à la Norvège.
L’abbé de Rimbaud, lui, porta
Jusqu’à ce que mort d’homme suive
Les chers bas de Thimothina
-Preuve d’amour intempestive.
Elles sont d’un vif incarnat
Assez assez vindicatives
Mais la pupille admirative
Des hommes s’en satisfera.
Alors portez-les haut, ces bas
Avec eux vous êtes très belle
Et l’on se battra en duel
Pour le droit de vous dire ça.
Alors portez-les haut, ces bas
Qu’aurait su célébrer Verlaine
En faisant rimer porcelaine
Avec la reine de Sabbat
Car les peintres de Pont Aven
Auraient aimé vous peindre ainsi
Assise comme l’est Marlène
Sur un bloc de granite gris
Alors portez-les haut ces bas
Aussi souvent qu’il vous plaira
Car la jeunesse a tous les droits
Mais ne les portez que pour moi.
Posté le 02.11.2007 par shawnmichaels974
Chacune comme peut compense sa joliesse
Mais quand le long des rues sous le soleil complice
Passent ces femmes-là qu’on a aimées jadis,
En nous montent des flux de touchantes tristesses.
Oh c’est vraiment cruel ce temps qui nous rabaisse
A devenir ce que nous devenons : hideux,
Libidineux, bouffons, grotesques, plantureux ;
Terrifiante saison que l’extrême vieillesse.
Le plus terrible étant que l’on est impuissant
A endiguer en nous cette phobie des ans
Et qu’on finit sa vie fuyant les francs miroirs
En pensant chaque jour : Se résigner? peut-être!
Se soumettre? jamais! Garder un frêle espoir
Qu’il n’y a rien là-haut, Que l'on va disparaître.
smr
Posté le 02.11.2007 par shawnmichaels974
Machinalement une rose
Sur le rosier que l’arrosoir
Emperla dans l’heure où les choses
En sont quitte avec le devoir
Il avait cueilli une rose
Machinalement sans vouloir.
Il la regarda sans la voir
Ainsi qu’on regarde la vie
Qui défleurit dans le miroir
Où le temps féroce sourit
Machinalement goguenard.
Il me la tendit .Je la pris.
De l’amour elle avait perdu
Ce parfum qui rend tout joli.
Je la jetais vite au rebut
Machinalement fort marrie.
Je vis une ombre s’échapper
Vivement du cœur de la rose.
En ma poitrine soulagée
Je sentis vraiment quelque chose
Machinalement se briser.
smr
Posté le 02.11.2007 par shawnmichaels974
Elle m'a saoulé de printemps
C'était comme cela venu
Fleur après fleur doux guet-apens
D'eaux vives et de malentendus.
Elle n'a rien dit d'ambigu
Rien surtout d'abracadabrant
Juste un mot fort comme un piment
"Aime-moi car je t'ai élu"!
Elle était belle et j'étais moche
irrespectueux des tabous
Peu ragoûtant dans mes galoches
Sans expérience voulant tout.
Et moi dans ma naïveté
J'ai vu l'amour j'ai vu la gloire
Je tenais un bout de l'histoire
Je me suis cru plébiscité
Et moi dans ma naïveté
Je l'ai suivie à pas de loup
Comme on suit la nativité
Et ne regrette rien du tout.
Je l'ai suivie je l'ai aimée
J'ai bu l'eau claire de ses sources
J'ai moissonné dans la grande ourse
la lumière dorée de ses blés
Elle a fait de moi ce voyou
Qui ne sait qu'aimer et écrire
Jeter à poignées des soupirs
D'être trop souvent sans le sou.
Si ce fut parfois long carème
Longues errances sous les cieux
En quête vaine du poème
Je ne pouvais espérer mieux
Elle m'a saoulé de printemps
C'était vraiment inattendu
Cet adorable guet-apens
Dont mon cœur ne fut pas déçu.
Elle a fait de moi son amant
Quelque part au hasard des rues
En croquant au fruit défendu
On sème elle et moi des printemps
Elle était belle et j'étais moche
Elle a dicté et j'ai écrit
Ca ne m'a pas rempli les poches
Mais ça a embaumé ma vie
ça ne m'a pas rempli les poches
je m'en satisfait c'est ainsi
Sous l'arbre de la poésie
Dont l'ombre par Zeus est bénie
Que je vieillis en poésie.
Posté le 02.11.2007 par shawnmichaels974
Royal pluviôse s'extravague
En un grand mouvement de vent,
Soufflant Vers l'horizon les vagues
De ses arrogants ouragans.
Est-ce du sang cet océan
Gigantesque fourmillement
De griffes d'ongles et de dents
Où se noient d'étranges géants?
Dans le lointain les oliphants
Des preux chevaliers en gants blancs
Sonnent des dianes. Des hi han
Leurs font réponse promptement.
Biches, cachez vos jolis faons
La plaine est livrée aux rufians
Tueurs à tous crins inconscients
Que toute vie est un diamant.
Cyniquement leur oeil brillant
De chaque mouvement friand
Déchaîne foudre et aboiements
Dans les vaux aux prés verdoyants.
Que leur importe ! En communiant
Avec la camarde, insolents
De leurs gros sabots impudents
Ils avancent en piaffant
A la pose nonchalamment
En viandards amateurs de sang
Ils feront en se rengorgeant
De leurs victimes le bilan
Royalement pluviôse dore
D'un rayon de soleil couchant
Les sangliers et les faisans
Si humains même dans la mort.
Posté le 02.11.2007 par shawnmichaels974
Lecteurs, ne vous égarez pas
A admirer ces vers ils ont
Comme l’on dit la honte au front
Ils sont informes mais c’est bon
De les laisser vivre à leur faim
Sous le soleil pimpant de juin.
Divaguant sans chaînes ni liens
Sur le trottoir de poésie
Au hasard de leur fantaisie
Le nez au vent humant des riens
Ainsi que divaguent les chiens
Sous le pimpant soleil de juin.
Ivresse que cette folie
De parler de tout et de rien
Avec le sourd muet du coin
Et de demeurer ébloui
De tout ce qu’il n’a jamais dit
Sous le pimpant soleil de juin.
Donner trois sous à un mendiant
Que l’on sait ivrogne et voleur
Pour attiser cette rancœur
Dont fera preuve le bourgeois
Qui déteste ces propre-à-rien
Sous le pimpant soleil de juin.
Sourire à la belle inconnue
Que l’on croise légère et rose
Menue comme tige de rose
Et telle vénus, ingénue
Pas émue d’un clin d’œil coquin
Sous le pimpant soleil de juin.
La suivre un moment puis aller
Jeter des cailloux dans la Seine
En regardant passer Verlaine
Un peu ivre un peu exalté
Par quelque songe saturnien
Sous le pimpant soleil de juin.
Et comme tout a une fin
Rentrer en son logis écrire
En passant la brosse à reluire
Sur chaque mot de son discours
Des petits couplets plein l’amour
au si pimpant soleil de juin.
Posté le 02.11.2007 par shawnmichaels974
ROSES ROUGES
Venus d’horizons corrompus
Les mercenaires de la boue
Dans les jardins de banlieue jouent
Avec l‘innocence vendue.
Les roses en boutons qu’excise
Un vent du sud impitoyable
Deviennent de ces marchandises
Pour des fêtes insoutenables.
Jamais elles ne connaîtront
Quand le printemps les y invite
La caresse du papillon
La morsure d’or du zénith
Du bourdon l’ignoble morsure
En leurs pétales saignera
Voilà tant d’hiver que ça dure
Qu’aucun ne s’en étonnera
Dans le jardin clos à l’orient
La rose en bouton violée
Pleure la fragrance sacrée
Dont s’émerveille le Couchant.
serge morans
Posté le 02.11.2007 par shawnmichaels974
Le roi boit
Du venin noir de ce poème
La poésie tambouille tout
Il deviendra fiel ou ragoût
Qu’on conserve pour le carême.
L’inconsolée dans sa bohème
Tartine d’images le flou
Où la phrase grasse déjoue
Les pièges mous du théorème.
J’en passe hélas et des meilleures
Les grimaces à s’affadir
Tempèrent leurs peines de cœur
Dans le nectar glauque où la vie
En de plates filmographies
Graphite ses éclats de rire.
celui là j'ai appris en CM2
Posté le 02.11.2007 par shawnmichaels974
Songerie
Je voudrais que le paradis
Où Dieu mit l’homme et sa compagne
Ne fut pas château en Espagne
Mais Jardin à côté d’ici.
Ainsi nous pourrions le dimanche
Aller sous ses épais taillis
Jouer à des jeux interdits
Ecouter le chant des lardanches
Et boire aux sources de jouvence
Ces élixirs de longue vie
Qui nous avaient été promis
Et dont on a réminiscence
Quand le printemps léger s’épanche
Avec des ardeurs inouïes
Pour mes regards éblouis
Sur les rondeurs vraies de tes hanches
serge morans
je l'avais apris en CE2